Temps d’errance
Où les cris se perdent
Où les larmes ne savent plus où tomber
Parce qu’il pleut des nombres
Des taux et des tonnes
Et que tout cela pèse sur les beaux jours.
Temps d’errance
Où j’aime me perdre
Et sentir en moi les accents de la colère
Puisque de cette pluie noire de chiffres
Naît une plainte qui elle ne crée rien
Plaintes et consternations
Plaintes et désolations
Ne créent rien.
Temps d’errance
Pour survivre à cette course du temps
Où le monde s’affole des chiffres qui tombent
Il pleut sur notre belle humanité
Une pluie noire et oppressante tombe
Sur notre foutue humanité.
Temps d’errance
Dans une école où un enfant se laisse danser
Il danse pendant qu’ici et là ça compte et comptabilise
Danse entre les attentes entre les devoirs entre les comptes !
Danse entre les chiffres entre les nombres entre les rythmes !
Dans une école primaire un enfant s’accorde le temps
D’une danse qui ne sera pas comptée.
Temps d’errance
Pour retrouver le temps qui compte
Comment retrouver ce temps qui nous est cher ?
Même si le dire ne change rien
Même si ça n’ira pas assez loin
Pour des lendemains qui chantent enfin
Parce que les chants restent au-delà des biens
Au-delà des mots, par-delà les temps qui les ont vus naître
Parce que les chants inspirent, éveillent, déchaînent
Passent les frontières sans pièce d’identité.
Qui retiendra les oiseaux de chanter ?
Temps d’errance
Dans ce monde pourri par le fric
Où les langues sont polies par les chiffres.
Malheureusement l’argent n’a pas d’odeur
– Putain de blé qui ne pue pas assez ! –
Seule la misère nous monte au nez
Et l’odeur de la misère poussée par le vent
Passe les frontières sans pièce d’identité.
Qui empêchera le vent de souffler ?
Malheureusement l’argent ne pèse plus rien
– L’or au moins c’était embarrassant ! –
Mais l’argent qui compte aujourd’hui ne pèse plus rien
Et tandis que nous jouons à la dînette
Avec quelques piécettes et de jolis billets
Les chiffres s’additionnent et se multiplient
Sur des comptes harnachés d’une pièce d’identité.
Malheureusement l’argent ne vaut plus rien
S’il valait encore quelque chose
S’il avait encore le sens de l’échange
S’il avait un peu de bon sens et de responsabilité
S’il n’avait pas la couleur du chantage qu’il a aujourd’hui
S’il n’avait pas la couleur mensongère de la rareté d’hier
Il regarderait la vie dans les yeux
Et non au regard d’une pièce d’identité.
Même si le dire ne change rien
Même si ça n’ira pas assez loin
Pour des lendemains qui chantent enfin
Parce que les chants restent au-delà des biens
Au-delà des mots, par-delà les temps qui les ont vus naître
Parce que les chants inspirent, éveillent, déchaînent
Passent les frontières sans pièce d’identité.
Temps d’errance
Où les cris se perdent
Où les larmes ne savent plus où tomber
Parce qu’il pleut des nombres
Des taux et des tonnes
Et que tout cela pèse sur les beaux jours.
Qui retiendra les oiseaux de chanter ?